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Femmes battues : comment préparer son départ en toute sécurité?

Comment préparer Son Départ en Toute Sécurité ?

Lorsqu’on est victime de violences conjugales, prendre la décision de quitter son conjoint peut être une étape difficile, voire effrayante. Il est essentiel de bien préparer ce départ pour pouvoir assurer sa propre sécurité et celle de ses enfants. Une séparation mal anticipée peut entraîner une escalade des violences et bien souvent des difficultés juridiques en matière de preuves pour faire valoir ses droits.

En France, plusieurs dispositifs existent pour protéger les victimes et les accompagner dans leur démarche. Vous trouverez un aperçu détaillé dans cet article afin de vous préparer pour votre départ.

1- Préparer son départ en amont

Il est recommandé de partir à un moment où votre conjoint violent ne sera pas présent afin de minimiser les risques d’affrontement. Une fois parti(e), il peut être difficile, voire impossible, de retourner au domicile récupérer ses affaires. Il est donc essentiel d’anticiper et d’avoir sous la main tous les éléments nécessaires à votre sécurité et à votre stabilité future.

À emporter impérativement avec vous :
– Documents officiels : carte d’identité, passeport, carte vitale, permis de conduire, livret de famille, actes de naissance, carte de séjour.
– Documents financiers : relevés bancaires, bulletins de salaire, carte bancaire, chéquier.
– Effets personnels : vêtements, médicaments, objets de première nécessité.
– Preuves des violences subies : photos, messages, attestations médicales ou témoignages.
– Affaires des enfants : documents scolaires, carnet de santé, vêtements.

Si possible, mettez de côté un peu d’argent chaque semaine ou ouvrez un compte bancaire séparé (les comptes en ligne peuvent être une excellente alternative mais attention au logiciel espion sur votre téléphone) pour éviter d’être totalement dépendant(e) financièrement au moment du départ.

2- Élaborer un Safe Plan

Un safe plan est un ensemble de stratégies destinées à réduire les risques avant, pendant et après votre départ. Il doit inclure des mesures pour protéger votre intégrité physique, financière et numérique.

Avant de partir :
– Identifiez un endroit sûr où vous pourrez aller (famille, amis, foyer d’hébergement spécialisé).
– Informez discrètement une personne de confiance de votre projet.
– Préparez un sac d’urgence et cachez-le dans un lieu sûr (chez un proche, au travail).

Mesures de protection numérique :
– Changez vos mots de passe (messagerie, réseaux sociaux, banque en ligne).
– Désactivez la géolocalisation de votre téléphone et de vos applications.
– Mettez en place une authentification à deux facteurs pour protéger vos comptes en ligne.

3- Qui contacter en cas d’urgence ?

Il est important d’avoir sous la main une liste de numéros d’urgence et de contacts de confiance en cas de besoin.

– Police / Gendarmerie : 17
– Violences Femmes Info (anonyme et gratuit) : 3919
– Hébergement d’urgence : 115
– Association France Victimes : 116 006
– Aide juridique et protection des victimes : CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles)

⚠️ En cas de danger immédiat :
Si vous ne pouvez pas parler, composez 17, puis restez en ligne et tapez 55 pour signaler une urgence.

4- Que faire si l’agresseur continue après votre départ ?

Même après avoir quitté le domicile, il est possible que l’agresseur continue à harceler, menacer ou tenter de vous retrouver. Il est donc essentiel d’anticiper et de prendre des précautions.

Actions à entreprendre :
– Déposez une plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie.
– Demandez une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales.
– Documentez chaque incident (menaces, appels, messages, passages à domicile).
– Changez de numéro de téléphone et bloquez l’agresseur sur tous les canaux de communication.

Si vous avez une Ordonnance de protection ou une interdiction de rentrer en contact, alertez immédiatement la police en cas de violation de cette mesure.

5- Trouver un soutien et une aide adaptée

En quittant un environnement violent, il est normal de ressentir du stress, de l’anxiété ou du doute. Sachez que vous n’êtes pas seul(e) et que des professionnels peuvent vous accompagner.

Il est cependant nécessaire d’avoir effectué ces démarches et contacté les professionnels avant votre départ.

Solutions d’hébergement et d’accompagnement:
– Les foyers et centres d’hébergement spécialisés pour femmes victimes de violences.
– Les associations locales qui proposent un soutien psychologique, juridique et administratif.
– Les permanences juridiques pour vous aider à faire valoir vos droits.

Soutien médical et psychologique:
Si vous avez subi des violences physiques ou psychologiques, n’hésitez pas à consulter :
– Un médecin ou un service d’urgences hospitalières.
– Un centre de prise en charge des victimes de violences (examen médical, recueil de preuves).
– Un psychologue ou une assistance sociale spécialisée.

6- En cas d’agression sexuelle

Si vous êtes victime d’une agression sexuelle, il est essentiel de :
– Vous mettre en sécurité et contacter un proche de confiance.
– Consulter un médecin rapidement pour un examen et une prise en charge médicale.
– Ne pas laver vos vêtements ou votre corps avant un examen médico-légal pour conserver les preuves.
– Déposer plainte dès que possible auprès de la police ou d’un centre d’accueil spécialisé.

Les Centres d’Accueil d’Urgence et d’Accompagnement des Victimes d’Agressions Sexuelles (CAUVA) offrent un soutien spécialisé aux victimes.

Conclusion

Quitter un conjoint violent est une démarche difficile, mais vous avez le droit d’être en sécurité et protégée. Il est essentiel de bien préparer son départ, de s’entourer de personnes de confiance et de faire appel aux structures d’aide pour vous accompagner dans cette transition.

Rappelez-vous : vous n’êtes pas seul(e). Des solutions existent pour vous protéger et vous aider à reconstruire une vie sereine et libre de violences.